Infection nosocomiale : quelle indemnisation pour les victimes ?

Qu’est-ce qu’une infection nosocomiale ?

Selon la définition du Comité Technique des Infections Nosocomiales (CTIN), une infection est dite nosocomiale si elle apparaît au cours ou à la suite d’une hospitalisation et si elle était absente à l’admission du patient.

Pour les infections du site opératoire, sont considérées comme nosocomiales celles survenues dans les 30 jours suivant l’intervention ou, en cas de pose d’une prothèse ou d’un implant, dans l’année qui suit l’intervention.

Un principe de responsabilité sans faute depuis la loi du 4 mars 2002

Ce régime s’applique à toutes les infections nosocomiales contractées à l’occasion d’un acte réalisé à compter du 5 septembre 2001 (article L1142-1 du Code de la santé publique).

Il pèse sur les établissements de santé public (Hôpital) et les Cliniques privées.

Le patient n’a pas à démontrer de faute, mais doit établir le caractère nosocomial de l’infection — germe contracté au cours du séjour ou de l’acte — au besoin par présomptions graves, précises et concordantes. .

Comme le résume la doctrine, dès qu’une infection peut être qualifiée de nosocomiale par l’expert, la responsabilité de l’établissement est engagée.

En pratique c’est lors de l’expertise médicale que la nature nosocomiale de l’infection doit être absolument précisée.

Le seul moyen d’exonération : la cause étrangère

Un régime d’indemnisation à deux niveaux selon la gravité du dommage

Le cas particulier du cabinet médical (exercice libéral)

Depuis 2002, le médecin libéral n’est tenu, en matière d’infection nosocomiale, qu’à une obligation de moyens concernant la sécurité de ses patients face au risque infectieux — contrairement à l’obligation de résultat pesant sur les établissements.

C’est donc à la victime de prouver le manquement, par exemple un manquement à une règle d’asepsie.

Le rôle indispensable de l’expertise médicale

Qu’il s’agisse de qualifier le caractère nosocomial de l’infection, d’en apprécier la gravité — au regard du seuil des 25 % d’atteinte permanente — ou d’évaluer les préjudices qui en résultent, une expertise médicale est indispensable.

C’est elle qui permet de déterminer la voie d’indemnisation applicable — établissement ou ONIAM — et d’objectiver l’ensemble des postes de préjudice de la victime.

Comment un avocat peut vous aider

Ces dossiers supposent d’identifier rapidement la voie d’indemnisation applicable — établissement ou ONIAM — selon la gravité de l’infection.

Un avocat vous accompagne pour réunir les éléments permettant de caractériser le lien avec le séjour hospitalier, préparer efficacement l’expertise médicale et faire valoir l’intégralité de vos préjudices.

Questions fréquentes

Dois-je prouver une faute de l’hôpital pour être indemnisé ? Non. En matière d’infection nosocomiale, l’établissement est responsable de plein droit, sans que vous ayez à démontrer une faute. Vous devez seulement établir que votre infection est bien nosocomiale.

Quelle est la différence entre une infection nosocomiale « grave » et « non grave » ? La gravité s’apprécie au regard du taux d’atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique. Au-delà de 25 %, ou en cas de décès, l’indemnisation relève de la solidarité nationale (ONIAM). En deçà, elle relève de la responsabilité de l’établissement.

Mon infection a été contractée chez un médecin libéral, est-ce différent ? Oui. Depuis 2002, le médecin libéral n’est tenu qu’à une obligation de moyens : c’est à vous de démontrer un manquement, par exemple à une règle d’asepsie, et non à l’établissement de prouver une cause étrangère.

Combien de temps ai-je pour agir ? L’action se prescrit par 10 ans à compter de la consolidation de votre état de santé.

Contact

Vous pensez être victime d’une infection nosocomiale ? Le cabinet de Maître Guillaume DURAND vous accompagne pour faire valoir vos droits et obtenir une juste réparation de votre préjudice.

contact@guillaumedurandavocat.fr

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